La série continue. Après Confidentiel en avril et On n'a pas changé début mai, la chaîne YouTube officielle de Jean-Jacques Goldman vient de mettre en ligne un nouveau montage inédit capturé lors de la Tournée Rouge 1994 au Zénith de Paris : Être le premier. Un titre qui tranche avec les deux précédentes publications.
Une chanson solitaire née de l'album Minoritaire
Être le premier est l'une des chansons les plus anciennes de Goldman à avoir survécu sur scène. Elle paraît en 1982 sur l'album Minoritaire, le second de sa discographie, à un moment où Goldman est encore en train de construire sa notoriété. Dans un répertoire naissant, c'est déjà un texte à part : ni chanson d'amour au sens classique, ni slogan politique, mais un portrait psychologique, presque clinique, de l'ambition et du prix qu'elle fait payer.
La chanson décrit un homme qui a tout sacrifié pour atteindre le sommet — les amours, les amitiés, les plaisirs du quotidien — et qui le sait. Ce qui la rend remarquable, c'est qu'elle ne le condamne pas. Goldman observe, comprend, et laisse l'auditeur trancher. Cette neutralité bienveillante est une signature : il ne juge pas ses personnages, il les rend simplement humains.
Douze ans séparent l'enregistrement studio de 1982 du live de 1994. Dans l'intervalle, Goldman est devenu exactement ce qu'il décrivait. La chanson a pris une autre dimension, portée désormais par quelqu'un qui sait de quoi il parle.
Être le premier chez Fredericks, Goldman, Jones
La version capturée au Zénith est celle du trio. Être le premier figure sur l'album live Du New Morning au Zénith, sorti en 1990, preuve que le titre a rapidement trouvé sa place dans les concerts du groupe. Confiée à Fredericks, Goldman et Jones, la chanson gagne une dimension chorale que la version solo de 1982 ne pouvait pas avoir : les voix de Carole Fredericks et Michael Jones ne viennent pas seulement enrichir l'arrangement, elles transforment ce qui était un monologue intérieur en quelque chose de presque universel.
Sur scène, en 1994, le trio est au sommet de sa forme. La Tournée Rouge est l'une des grandes tournées de la décennie, et les captations qui en émergent aujourd'hui sur YouTube en sont la meilleure preuve : chaque montage révèle une maîtrise et une énergie que les enregistrements studio ne restituent qu'imparfaitement.
Une série de publications qui prend de l'épaisseur
Avec ce troisième volet, la chaîne officielle confirme qu'il s'agit bien d'une démarche éditoriale suivie, et non de publications ponctuelles. Confidentiel, On n'a pas changé, Être le premier : trois chansons issues de périodes différentes du répertoire, trois atmosphères distinctes, mais toujours ce même soin apporté au montage et cette même capacité à faire revivre un concert vieux de trente ans.
Pour les fans qui n'étaient pas là en 1994 — ou qui y étaient et veulent retrouver quelque chose de cet état —, chaque publication est un événement à part entière. Il serait surprenant que la série s'arrête là.

