« Fermer les yeux » au Zénith 1994 : le montage inédit de Fredericks, Goldman, Jones — la chanson qui referme une époque

Montage inédit : Fredericks, Goldman, Jones interprètent Fermer les yeux en live au Zénith de Paris lors de la Tournée Rouge 1994.

Publié le 16 octobre 2026

La série de montages inédits de la Tournée Rouge 1994 continue. Après treize publications, la chaîne YouTube officielle de Jean-Jacques Goldman met en ligne Fermer les yeux — dernière piste de l'album Rouge, dernier single studio du trio, et chanson qui porte en elle, sans l'avoir tout à fait prémédité, quelque chose qui ressemble à des adieux.

La dernière piste, le dernier single

Fermer les yeux est une chanson de clôture. Dernière piste, elle referme l'album Rouge. Et plus encore, elle signe la fin de l'ère Fredericks-Goldman-Jones : plutôt que de proposer un quatrième extrait à trois voix, Goldman choisit Fermer les yeux pour promouvoir l'album — une chanson interprétée par lui seul.

Le titre est chanté avec des choristes bulgares, dans une configuration radicalement différente des grandes fresques collectives du trio. Goldman seul, au piano, avec des voix venues de loin : c'est un choix qui dit quelque chose sur l'état d'esprit dans lequel l'album Rouge s'est refermé.

Pour Michael Jones, Fermer les yeux était l'évidence de l'album. Par manque de promotion, le titre ne marchera pas vraiment commercialement. Il atteint la 33e place du Top 50 — le moins bon résultat d'un single du trio avec Juste après. Deux chansons parmi les plus personnelles de l'album, deux classements en retrait : une coïncidence qui dit peut-être quelque chose sur le rapport entre l'ambition artistique et le succès commercial immédiat.

Un lien entre deux époques

Ce choix permet à Goldman, sans trop l'annoncer et peut-être même sans s'en rendre compte lui-même, de faire un lien entre la période Fredericks-Goldman-Jones et un retour à sa carrière seule. En 1994-1995, la Tournée Rouge est encore en cours — le trio est bien vivant sur scène. Mais la dynamique est là, lisible rétrospectivement : Fermer les yeux comme un sas entre deux périodes.

L'aventure Fredericks-Goldman-Jones aura duré cinq ans. Cette parenthèse initiée parce que les chansons l'avaient dictées aura été l'occasion pour Goldman de renouer avec une musique plus rock. Quand Michael Jones découvre que le projet trio pourrait durer au-delà d'un album, il en est le premier surpris — il avait lui-même pensé au départ que ce serait un coup unique.

Sur scène, en 1994

Voir Fermer les yeux dans un montage inédit de la Tournée Rouge crée un effet particulier : la chanson est sortie en single en janvier 1995, après la tournée. Elle est donc interprétée sur scène avant même d'exister comme single, dans une configuration live qui lui redonne ses trois voix ou presque — quoi qu'il arrive, la scène a toujours été l'espace où le trio retrouvait sa pleine dimension.

La version studio dure 6 minutes 41, ce qui en fait l'un des titres les plus longs de l'album — un espace que la scène permet d'habiter différemment que le studio.

Trente ans après, voir ce titre dans la série de montages inédits, c'est comprendre un peu mieux pourquoi Goldman l'avait choisi comme dernier single : non pas pour les charts, mais parce que c'était la chanson juste pour fermer quelque chose.

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