La chaîne YouTube officielle de Jean-Jacques Goldman ne s'arrête pas. Après Confidentiel, On n'a pas changé, Être le premier, Il suffira d'un signe, C'est pas d'l'amour, Rouge et Envole-moi, c'est Je commence demain qui vient d'être mise en ligne dans un nouveau montage inédit capturé au Zénith de Paris lors de la Tournée Rouge 1994. Un titre qui a une histoire particulière dans le répertoire du trio : c'est l'une des rares chansons que Goldman a écrite pour lui avant de la confier à trois voix.
Un aveu personnel devenu chanson universelle
Je commence demain est écrite et composée par Goldman en 1987 et figure sur l'album Entre gris clair et gris foncé, sorti la même année. Le sujet est d'une simplicité désarmante : la procrastination, les bonnes résolutions perpétuellement remises au lendemain. Goldman y explore avec humour et mélancolie cette tendance humaine universelle à repousser ce qu'on devrait faire.
Le texte est autobiographique à plus d'un titre. Les couplets égrènent tous les « faudrait » d'un homme qui sait exactement ce qu'il devrait changer dans sa vie — poser la guitare, écouter ses proches, devenir plus sage — et qui sait tout aussi bien qu'il ne le fera pas, ou du moins pas aujourd'hui. Le refrain « j'sais bien, j'sais bien, j'sais bien, je commence demain » est à la fois une confession et une absolution : Goldman ne se juge pas, il constate, et en constatant, il soulage tout le monde.
De la chanson solo au trio
Trois ans après sa naissance en studio solo, Je commence demain entre dans le répertoire de Fredericks, Goldman, Jones. Le trio en sort un single en 1991, et la chanson devient l'une des pièces régulières de leurs concerts. L'harmonie des trois voix lui ajoute une richesse particulière, transformant ce texte intime en quelque chose de plus partagé.
Ce glissement dit quelque chose d'intéressant sur la façon dont Goldman travaillait avec le trio : certaines de ses chansons les plus personnelles gagnaient en portée en passant par les voix de Carole Fredericks et Michael Jones. Ce qui était un monologue devenait un choeur — et le public s'y reconnaissait d'autant mieux.
Une des performances les plus mémorables du titre reste celle de Taratata en 1993, quelques mois avant la Tournée Rouge. Le montage inédit du Zénith permet aujourd'hui de retrouver ce même élan, dans un contexte live où la chanson avait l'habitude de faire son effet : difficile de rester de marbre quand trois voix vous chantent en souriant que tout ce qu'on remet à plus tard, on le remettra encore.



