Jean-Jacques Goldman : comment il a composé le générique de Taratata en quelques jours

18 mars 2026

Le générique de Taratata fait partie de ces jingles que des millions de Français reconnaissent dès les premières secondes. Derrière ces quelques mesures pop-rock se cache une histoire aussi improbable que révélatrice du talent de Jean-Jacques Goldman : une commande passée en urgence, composée pendant les fêtes de Noël, livrée sur cassette — et inchangée depuis plus de trente ans.

Une commande de Nagui formulée avec des mots très précis

C'est Nagui lui-même qui a sollicité Jean-Jacques Goldman pour composer le générique, avec des exigences très précises : il voulait que le morceau débute comme un orchestre symphonique qui s'accorde, suivi d'un riff de guitare évoquant Quand la musique est bonne, avec des références immédiates et simples. Un cahier des charges exigeant, mais Goldman a accepté sans hésiter.

Le problème : le tournage de Taratata était prévu le 8 janvier, soit à peine dix jours après cet échange, en plein cœur des vacances de Noël. Goldman se trouvait alors au ski avec sa famille. Une situation qui aurait pu faire capoter le projet, mais Goldman a choisi de laisser les pistes pour honorer sa promesse. Quelques jours plus tard, Nagui recevait la cassette — exactement celle dont le générique n'a pas changé depuis trente ans.

Un morceau instrumental aux sonorités mêlées

Le générique de Taratata est un morceau instrumental qui mélange des sonorités rock, funk et orientales, composé par Jean-Jacques Goldman à la demande de Nagui. Ce mélange de styles n'est pas anodin : il reflète l'ADN même de l'émission, fondée sur la rencontre entre artistes d'univers différents, autour de la performance live.

Le générique est une variation instrumentale sur l'introduction orchestrale de la chanson Rouge, parue en 1993 sur l'album du même nom, avec une progression d'accords, un rythme et une ambiance dramatique quasi identiques. Ce n'est donc pas une composition anodine griffonnée à la hâte, mais un morceau ancré dans son travail de l'époque, réarrangé spécialement pour le plateau télé.

Goldman, figure essentielle dans l'histoire de Taratata

Le lien entre Jean-Jacques Goldman et Taratata ne se limite pas au générique. Nagui lui-même le reconnaît : Goldman a littéralement sauvé l'émission lors de son deuxième numéro, en acceptant de remplacer au pied levé un artiste qui avait annulé quarante-huit heures avant l'enregistrement. Ce soir-là, accompagné de Carole Fredericks et Michael Jones, Goldman a offert à Taratata sa première grande émission, déclenchant une hausse immédiate des ventes de ses albums.

Malgré ce rôle fondateur, Goldman a décliné l'invitation pour les 30 ans de l'émission en 2023. Sa réponse à Nagui était sans équivoque : "30 ans, ce n'est pas un vrai anniversaire, mais 50, oui." Rendez-vous est donc pris pour 2043. En attendant, chaque diffusion de Taratata commence par ces quelques mesures composées à la va-vite sur une cassette — un paradoxe qui résume bien Goldman : un perfectionniste capable d'excellence dans l'urgence, et suffisamment discret pour que la plupart des téléspectateurs ignorent encore aujourd'hui qu'il en est l'auteur.